Virgile Riquet

« Préoccupé par la notion d’espace temps, pour comme le dit Bergson, échapper à l’illusion de la séparation, de la discontinuité de la durée, à l’illusion cinématographique de la pensée. Je cherche à découvrir la réalité en soi des objets, hors de tout espace temps, dans une méditation contemplative.

Mon travail est une recherche sur la nature de l’espace temps, une quête de nouvelles compositions d’une nouvelle façon de peindre.

Einstein se posait la question de savoir ce qu’il adviendrait si l’on pouvait courir à coté d’un rayon de lumière et à la même vitesse. La réponse en est l’immobilité. C’est à mon sens ce qui se produit lors d’un état de grâce, l’espace temps n’existant plus, ou, étant comme en suspens. Et c’est ce que l’artiste tente de montrer à mon sens: les choses hors de leur phénoménalité.

J’essaye donc de mélanger différents visons du temps: temps cosmique, relatif, simultané, chronologique…ainsi que différents point de vue: perspective classique linéaire, vue aérienne tel qu’en cartographie, différentes échelles… Cherchant à établir des contrastes de formes, de matières, de couleurs, d’éléments fluides et dur symbolisant, si je puis dire, un contraste entre intuition et raison, poésie et science. Essayant d’inclure ces éléments opposés dans un mouvement plus vaste et continu.

Mes recherches se portent donc sur les éléments aqueux tel mon reflet dans une vitre d’un aquarium géant. Le verre, la transparence, la notion d’effacement, de repentir, tel une trace sur la ligne du temps. L’apparition fantomatique d’un personnage dans la nuit se reflétant sur une vitre. Le portrait d’un ami syrien, figé, cristallisé, tel un témoin muet, pris dans une tempête révolutionnaire qui se meut autour de lui. Cherchant à établir des contrastes de formes, de matières, de couleurs, d’éléments fluides et dur symbolisant, si je puis dire, un contraste entre intuition et raison, poésie et science. Essayant d’inclure ces éléments opposés dans un mouvement plus vaste et continu.

Mon dernier travail qui n’en est qu’à ses débuts reprenant tous ces questionnements est la réalisation d’un triptyque. Qui est une sorte de sacralisation de la lumière. »